montagne noire

Son et lumière château de Saissac

SON LUMIERE CHATEAU DE SAISSAC 

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Boudegaires

Musique traditionnelle

 

La musique traditionnelle est entièrement conditionnée par l'homme, par sa vie, son travail, son organisation sociale, ses joies, ses peurs, ses croyances. Elle accompagne la vie de l'homme, lui facilite l'éducation et l'apprentissage, le soutient, l'aide à franchir certaines étapes décisives de la vie. "La chanson prend l'enfant au berceau". Berceuses, appels lents et doux au sommeil. Sauteuses pour tenir le petitou éveillé. Mariage et fiançailles constituent une part importante des chants coutumiers, aubades, sérénades. La chanson du bouvier, mélopée plaintive aux accents grégoriens vieux de septsiècles, était traditionnellement chantée à Saissac lorsque les mariages sortaient de l'église.Dans la vie quotidienne la musique rythme les travaux  et accompagne les moments de détente, les rassemblements familiaux et les veillées.Elle est le mode d'expression privilégié de la fête, fêtes cycliques et périodiques Noël, Carnaval, Mai, Rogations, fêtes agraires "Diou ba bol",  fêtes votives, fêtes religieuses. Elle est avant tout collective, chants, danses, charivaris, carnavals.L'acquisition des techniques instrumentales, vocales ou chorégraphiques est routinière ; uniquement fondée sur l'observation, sur l'imitation, mais surtout sur l'imprégnation de la culture traditionnelle.

 La famille Molinier originaire de Saint Denis s'installe à Carcassonne au milieu du 16eme siècle . Elle fournit une lignée de chefs de musique dirigeant des groupes qui se produisaient dans des fêtes publiques, familiales ou religieuses.

La cornemuse

La cornemuse sous sa forme actuelle outre et au moins 3 tuyaux, s'est fixée sous cette forme au début du 14eme siècle. La cornemuse est signalée à Toulouse en 1398. Le registre d'estimes fait apparaître le métier de cornemusier. L"enflabot" mentionné par Peyre d'Auvergne, qui composait ses poèmes à Puivert, au milieu des rires et des chants existait donc au 13eme siècle était-il une cornemuse ? Rien n'est moins sur. La salle des musiciens de Puivert (14eme) renferme une sculpture de cornemuse, mais sans bourdon.  A Villepinte vers 1600 un contrat lie deux ménétriers cornemuseux aveugles, un maître et son apprenti âgé de 20 ans.1615 Carcassonne.

La "Saqueboute" autre forme "sacquebute" cornemuse. Cet instrument de musique figure parmi ceux qu'une association de musiciens avait confié à un de ses membres qui en tenait le pupitre  Paul Cayla (p 63)

 La boudégo

 Le nom de boudégo dérive du patois gallo-roman  Boda : Gros ventre, nombril des hommes et des animaux, paquet rebondi, grosseur.On retrouve cette racine dans Bedaine, Boudin, Bedon, Bouder (se dit à cause de la moue qu'on fait en boudant) Bodega désigne une outre en peau de chèvre que l'on trouvait dans les tavernes où le vin était tiré de ces outres. Il désigne aujourd'hui un café ouvert lors des férias. 

La cornemuse de la Montagne Noire, est la plus grosse des cornemuses occitanes, et l'une des plus volumineuses de France et d'Europe.Sa poche est faite avec une peau de chèvre entière et peut atteindre une capacité de 100 litres.Au cou de l'animal est fixé le hautbois mélodique "Graïle"  tube de bois conique, percé de huit trous (7 dessus et 1 dessous) Il doit son nom (latin gracilis mince, maigre) à sa forme élancée et grêle . L'anche (encha, uncha, caramela) du hautbois mélodique est double.Sur la poche est placé un bourdon  ou boundo ( occitan bondir; retentir, bourdonner) très long (jusqu'à 1,20 mètre) fait de trois pièces coulissant les unes dans les autres, afin de trouver la note d'accompagnement voulue. L'anche du bourdon est simple, elle est nommée carabeno du nom du roseau dans lequel elle est faite ou caneta, ou paleta.Le porte vent ou buffet n'a d'autre fonction que de servir à l'insufflation de l'air dans l'outre, il est muni d'un clapet qui empêche l'air de ressortir . Trois tubes de bois "las bouissos" demeurent en permanence liés à l'outre fixant graïle, boundo et buffet.  L'outre , ouire (occitan ouira outre, bedaine, ouira gonflé comme une outre)  ou embaïsso (Occitan outre, sac à vin)  est confectionnée, à partir d'une peau de chèvre ou brebis. Soit on décapitait l'animal et on extrayait os et chair par l'orifice ainsi créé. Soit on ouvrait une patte de derrière et on vidait la bête par l'ouverture en retournant la peau, le  trou était obturé par une rondelle 'lé poustarel" (la planchette)

 

Confection de la boudégo

La boudégo  était confectionnée localement  "Pierre Bousquet se las fasia amb una pel de feda  que tirava per una pata. Amaï éra polida, ambé de franjas"  Le musicien était à l'affût de toute chèvre ou mouton malade ou vieille qu'il pouvait avoir à bon compte.Les tuyaux étaient taillés dans le buis, fort commun dans les métairies et tournés au tour à l'arc d'Oustric l'épicier qui l'avait installé à l'étage de sa maison (Il est actuellement au musée de Saissac)Les ménétriers avaient à coeur d'y apporter une note personnelle, petites peintures, bagues de couleur vive ou motifs sculptes au couteau.Las anches étaient patiemment et délicatement taillées dans des roseaux

Qui étaient les boudégaïres ?

La plupart de ceux connus dans la région sont des métayers. Une population  que la puissance de l'habitude, le bien être relatif et la sécurité de leur condition, toute modeste qu'elle soit, retient dans la Montagne, elle se plaît dans les métairies où elle est comme chez elle et en quelque sorte y est le maître. Sur 78 joueurs recensés dans le nord de l'Aude on trouve 63 petits propriétaires ou métayers, 8 valets, 2 bergers et 4 artisans plus un aveugle sans profession Tastosal de Villemagne . Dans le Tarn sur 162 joueurs 122 sont des métayers ou des petits propriétaires, 21 sont des valets, 2 bergers 16 artisans et un aveugle. Cette incitation à la fête, se retrouve dans le dicton « Aquel es un professor de bodega » désignant celui qui entraîne les autres à ribaudar et à s’agandonir c’est à dire les rendre débauchés et surtout paresseux.Les métayers ont souvent des réunions auxquelles sont conviées les parents et amis, ces repas copieux et bien arrosés sont suivis de danses au son de la boudègo. Pour le repas du "Dious ba bol" (Dieu le veut) qui a lieu après le dépiquage du seigle. Le propriétaire donne 10 francs aux métayers, qui traitent les "estivandiers" la jeunesse à l'appel du joueur de musette, il y en a toujours un de convoqué, se rend sur l'aire à dépiquer où elle  danse jusqu'à la nuit avancée  Parizet  "Economie de la Montagne Noire " 1882

 Les plus connus sont à Saissac Pierre Bousquet,  métayer aux Roques disparu en 1914, il avait appris à jouer très jeune dès 11 ans.Dans les années 1910 Ourliac joseph dit "Pebre ou Jean Pebre" et quelques années plus tôt Jean Puech employé du boulanger animaient les fêtes à Saissac et aux environs.Les frères Guiraud Sylvain dit sial, Joseph le pendré, Jean dit boudégo et Paul dit le grand, car le plus grand des sonneurs les autres jouaient moins.Tastosal Pierre Pujol de Villemagne qui presque aveugle circulait en agitant une canne devant ses yeux, vers la fin de sa vie il était aussi " setsanaire"pour quelques sous ou un peu de nourriture il récitait les 7 prières . De sa bouche s'échappaient de morceaux de "miséréré" ou des fragments de "de profondis" qu'il récitait en langue d'Oc.  P E Arribaud professeur, notaire et maire d'Arfons était musicien, suspect de tiédeur envers les nouvelles doctrines , il se justifie d'originale façon. Ayant appris qu'un banquet réunit à Carcassonne les autorités républicaines, il se porte déguisé en berger devant l'immeuble où a lieu le festin et joue la Marseillaise sur sa cornemuse, reconnu, il est aussitôt lavé de tout soupçon.Il compose la chanson "de la Faïence à Fonsaguet" . Chaque année à Noël les hommes entonnent à la grand messe son beau cantique "Pastrès de la Judeio" La "crabo" est jusqu'en 1914 l'instrument de musique d'Arfons, des concours de annuels avec prix y ont lieu. La chanson "Gran Dious, qu'en désastre / Es arribat/ A Fargo contient 33 couplets dont l'un faisait allusion à la cornemuse.

Moderne « Cabretaïre »

Bals

Pendant la belle saison il ne se passe point de dimanche qu'on ne festoie, s'amuse et danse .Fêtes locales, patronales ou votives, l'été les pare de toute la rayonnante splendeur de ses journées radieuses et les embellit de la sereine profondeur de ses nuits de velours, parsemées d'or. Bals en plein vent d'où s'échappent les éclats de rire à pleine bouche, les polkas, le hoquet des cruches qu'on débouche, les gros verres trinquant sur les tables. Et parmi les chocs des rires et des voix et du vent fugitif dans les ramilles vertes, le bourdonnement aigrelet des cornemuses enrubannées.Vers 1860 80 les jeunes se donnaient rendez vous pour aller danser dans une métairie ou dans une grange au son de la cornemuse. Carles était sonneur et avant lui Pouloi de Gaillardet.La cornemuse remplace quelquefois l'orchestre défaillant pour la fête.

1890 1940

 Les gens des campagnes vivaient au tournoyant rythme des saisons. L'été avaient lieu les fêtesde village, on y venait de loin, à pied le plussouvent par des chemins de pierre brûlante,  éclairés de lavandes ou des sentiers de granit brasillants de mica. On rencontrait, sur lechemin, des boudègaïres, portant la raide blousenoire luisant comme l'eau du ruisseau, lessabots, la "coffo burèlo" bonnet de laine tricoté de plusieurs couleurs, avec un pompon sur l'épaules'en allant à quelque fête, escorté d'une bande de jeunes chantant le long des chemins au son de la cabrette, parmi le grincement des cigales revenues. Les bals avaient lieu le matin après la messe etreprenaient l'après-midi jusqu'au soir.L'on dansait d'abord polka, mazurka, scottish et valse c'étaient les "contredanses" puis venait en apothéose finale le très attendu quadrille, le plus souvent bissé. Le musicien faisait alors la quête, un sou par jeune homme était demandé.

 

Le répertoire de la cornemuse

 La boudégo produit des notes aiguës. Les oreilles raffinées sont sans doute offensée par l'à-peu-près des ariettes pastorales, c'estqu'elles ne sont pas destinées à vibrer dans les salons mais à faire sautiller bouviers et bergères L'instrument donne de la vigueur aux  mollets et la musique militaire anglaise  au siège de Compiègne avait des cornemuses"menant grand bruit et tintin".La "cabrette" est d'un maniement délicat demandant plus de sensibilité dans l'exécution que de capacités en théories musicales. Pour garder sa souplesse la peau de chèvre doit reste humide, c'est pourquoi l'on voit de temps en temps, le musicien abreuver sou outre. 

Les danses

Selon la tradition locale on dansait autrefois. La "troumpuso" qui est encore connue ainsi que la "bastrengo"  "l'aubergnasso" sorte de bourrée à plusieurs figures.Le "ramelet  qui se dansait par couples faisant des rondes  deux à deux puis il y avait fusion de toutes ces rondes et finition en farandole.La "bergerèto" la "bourreyo" ou "bourril" voyait les danseurs se saluer, puis sautiller et à la fin les couples se tenaient par une main, les bras tendus.Le "rébiroulet" Un garçon avec deux cavalières tournait sur lui même (rebiroula)  pour leur faire changer de place. On chantait « Rebiroulet es un paure omé ; quand a dinat, n’a pas soupa Ah ! Plagnets lé . Rebiroulet.La danse la plus pratiquée était le rigaudon. Son air était vif et enjoué, sur les dernières paroles "Yeu te farei sauta en ayre" le cavalier devait enlever sa danseuse et tourner sur lui-même en la tenant en l'air.

Le temps des polkas.

Ensuite l'on ne danse pratiquement plus que les quadrilles et les danses populaires étrangères, introduites en France vers 1840 1860, polka, mazurka, la Varsovienne ou « Curarem l’esclop » scottish et surtout valse. Le bal s’achevait par le « Quadrilh »  qui se composait d’un pot pourri d’airs populaires. De conception musicale complexe ces danses  ne pouvaient être jouées qu'à la clarinette et aux cuivres ou à l'accordéon. Elles quittent l'atmosphère alcoolisée et enfumée des grands boulevards pour conquérir les places des villages. Au début la population rurale n'est pas unanime à approuver le "bal champêtre". Son prix le rendait inaccessible aux organisateurs les plus démunis ; son image moderniste et urbaine le détournait des communautés rurales.

Souvent dans les fêtes villageoises se tenaient deux bals. Un sur la place principale où l'on dansait les danses "modernes" au son de la clarinette et du piston, l'autre sur une autre place ou régnait la cornemuse et les danses anciennes. Ce dernier avait souvent beaucoup plus de succès, en raison de sa convivialité et du talent des musiciens. Souvent boute-en-train, ils savaient raconter des histoires en patois, chanter. Malicieux et l'esprit vif ils composaient des chansons sur les gens et les événement locaux, sur les élections et les petites histoires villageoises.

 Il faut attendre quelques décennies pour voir l'intégration de la musique des cuivres, qui apportait ses harmonies bon-enfant . La guerre de 1914 marqua, elle aussi une rupture profonde, de la tradition de musique populaire. La disparition de toute une génération de musiciens

(Pierre Bousquet le plus fameux boudègaïre de Saissac meurt à la guerre) freina considérablement le processus de transmission de ce patrimoine.

Le triomphe de l'accordéon

Entre les deux guerres seuls les ménétriers qui ont opté pour l'accordéon diatonique obtiennent un sursis. Paul Bastié de la Colle de 1925 à 1937, Louisou Bousquet de 1920 à 1947,  Lisou Campanel (Bastoul) de Saigne-Villemagne, Tastosal jouent à la demande de l'accordéon ou de la cornemuse. "Une fois par semaine on se retrouvait dans une campagne où Louisou des Roques ou Paul de la Colle nous faisaient danser au son de leur accordéon. "C'est là qu'on pouvait rencontrer des garçons. Quand une fille et un garçon se plaisaient, ce dernier se louait dans la métairie de la fille, pour la voir souvent, mais aussi pour montrer ses mérites et plaire aux parents."

Pendant la guerre des bals avaient lieu au moulin de San Pel, à Bataillé ou à l'ancienne mine de la Cabasse. L'accordéon diatonique reprit du service pendant la guerre de 39 45 Louisou Bousquet joue dans les campagnes de Saissac. Clément de Titou avec Léon Pech qui jouait du piston, se produisaient au "Cheval blanc" des Cammazes.  Bouisset Henri, Vacquières Arsène, Imbert de la Rivière, le sympathique Tourrou animaient les bals aux Cammazes, à Arfons, Villemagne, Sorèze de 1939 à 1948. La construction du barrage des Cammazes, redonna un peu de vie à la régionHenri de plan perdu avec René Dedieu font définitivement triompher l'accordéon  chromatique, la fin du diatonique avait sonné, seul resta Pierre Imbert.  A Cuxac Mendizabal dit "lé basca" et Latorre dit "Peli"  avec leurs "tira butas" entraînaient la jeunesse dans des valses et des polkas piquéesBonnafous du Villaret, Albert Guiraud ou Montagné étaient des accordéonistes réputés; tout comme Emile Vaissière ou Auguste Constans.

 Rivalités

1845 Il se forme parmi les jeunes de cette commune, deux parties qui se disposent à avoir chacun sa musique pour la fête locale. Il n'y aura pendant les trois jours de la fête locale les 28, 29 et 30 septembre qu'un bal public autorisé par nous les jeunes gens composant cette association. Nous serons seuls autorisés à faire le tour de ville avec la musique et danser dehors. Il est interdit à d'autres ménétriers de faire danser le public. Le 13 juillet1911 Le maire de Saissac, considérant que la rivalité qui se fait jour parmi les camps adverses, excités directement ou en sourdine par des meneurs, finirait par amener des rixes, disputes ou voies de fait entre la jeunesse des deux camps, décide d'interdire le tour de ville en musique .A Cuxac une partie de la jeunesse emprunte une charrue et défonce la piste de bal, soigneusement damée, par l'autre partie des jeunes.Au Villaret et à Brousses l'animosité entre les deux communautés,motivait l'organisation de deux bals séparés.A Lacombe il y a toujours eu une rivalité entre les jeunes du village et ceux des hameaux de Cals. Chaque année ils brisaient les lampions de leurs bals à coups de bâton.

 Aubades et sérénades

La nuit du 31 décembre au 1er janvier était toute sonnante de chants d'amour. Le garçon accompagné de musiciens chantait sous les fenêtres de sa mie des sérénades et vers minuit L'aubado del cap dé l'an"; elle se terminait par "Bonsoir et puis bonjour " . L'amoureux envoyant à sa belle le bonsoir pour le jour qui finit et le bonjour pour l'an qui commence.

Au mois de Mai, il était de tradition d'aller donner la sérénade aux jeunes filles. A la nuit tombée le cornemuseux accompagné de chanteurs se rendait sous les fenêtres des demoiselles choisies et leur roucoulait

         Eveillez vous belle endormie

         Eveillez vous si vous dormez

         Car mon tendre coeur désire vous parler.

La porte de la maison s'ouvrait aussitôt et les galants troubadours invités à entrer pour être "régalés".

Pierre Bousquet de Saissac, aimait sonner de la cornemuse, une fois la nuit venue. Il jouait des "aubades" sur la terrasse du chalet des Roques, propriété des familles Deloume et Rieunaud, qui venaient y passer les après-midi en juillet août . A l'automne les profonds vallons voisins étaient envahis, contournés, et la musique s'épanchait, s'échappait, se répandait vers les fermes de La Colle, Garric, Saigne-Villemagne, Pratmoulis, Embés.

Fêtes et foires Tour de table

Le jour des foires il y avait toujours un "boudégaïre" sur le foirail pour faire danser ou donner l'aubade. Le soir de la fête les musiciens passent dans les rues pour "faire la sérénadeA l'occasion de la fête, l'usage de l'aubade aux familles, devant la porte des maisons, avec l'offrande glissée sous la serviette s'est maintenue. Nous nous souvenons encore de la pomme où étaient plantées des pièces de 5, 10 et même 20 francs en argent et en or (Arfons)Le deuxième jour de la fête avait lieu le "torn de taula" Les musiciens faisaient le tour du village et le "cap de jovent" demandait à chaque maison quel air était désiré, après une exécution rapide, une offrande était glissée sous la serviette et permettait de payer les musiciens.Chaque famille avait son air préféré et l'Ave Maria, pouvait voisiner avec l'Internationale . (Cuxac)

 Veillées musicales

A la morte saison, les gros travaux sont finis, les nuits s'allongent et commence la pratique des "veillées" Soirées utilitaires ou l'on décortique le maïs, trie les haricots, mais surtout on y chantait et on y dansait, à la lueur fumeuse du calel ou du pétarel.  Quand il n'y avait pas de musicien, un membre de la maisonnée  se dévouait en chantant les paroles patoises, il frappe dans ses mains, se tapote les joues ou les lèvres, se bouche une narine, se bat le gosier, tremblote du menton. Une fois lancés les danseurs oublient la mélodie pour ne retenir que le rythme. Ce rythme qu'il entretiennent eux-mêmes, du claquement de leurs talons, du balancement de leurs bras, des cris aigus poussés à chaque virée, le chanteur peut s'endormir ils sont capables de gambiller sans lui de la sorte jusqu'à l'aube. On appelait cela « Dansa al soun de la garganto »

Les veillées avaient lieu dans métairies éloignées et il y avait un tour de rôle organisé. Pour s'y rendre la jeunesse s'assemblait en groupes qui faisaient le chemin en chantant d'ou ces chansons à couplets interminables qui avaient l'avantage de faire passer le temps et le chemin.

Les cornemuseux se joignaient aux jeunes et les anciens se souviennent du bel effet que produisait le son des "boudègues" dans la nuit, quand les gens entendaient, amplifié par le conduit de la grande cheminée, le bruissement sonore des "graïles" et le bourdonnement des "boundos"

Quand les enfants n'étaient pas encore couchés, on les faisait sortir pour voir passer le joyeux cortège. Les musiciens s'en revenaient chez eux, de nuit, en jouant par des chemins de traverse et on devinait leur nom en raison de leur sonorité et de leur doigté 

Fêtes religieuses

A Noël au cours de la messe de minuit, valets, métayers et bergers venaient à l'offrande, au son des "boudègues". On promenait dans l'église un agneau enrubanné, accompagné d'un pâtre et d'une jeune fille. Idem à Arfons.

Des Noëls, étaient chantés en langue d'Oc .

       Ros solelhou, daura nostra montanhas

       Ah,  fon las neu que curbis nostris prats

       Tot deu brilhar dins nostras campanhas

       Deu celebrar ses celèstas beutats (bis)

  

Certains villages avaient de véritables pastorales, aux couplets alternés, voix de femme en français, évoquant l'ange annonçant la nativité aux bergers. Chantres en languedocien répondant avec une réserve prudente et un certain scepticisme.Jusque vers 1910 on jouait de la cornemuse dans les églises du Haut-Cabardès.

Mariages

Lors des mariages, le cortège se formait sous les ordres du garçon d'honneurEn tête les "boudégaïres" , à la cornemuse toute enrubannée jouaient des airs gais et entraînants.

           Abal le long de l'aiga

            I a un prat à dalhar.

Après le repas, parmi les éclats de rire, voila les danses qui commencent, au son de la cabrette. En avant et en arrière de la bourrée, tournoiement de la ronde, rigodon vif et enlevé, figures ordonnées du quadrilles ou danses modernes, polka, mazurka, valse.

 Les Réveillers 

La tradition des réveillers a disparu dans la région, plus de veilleurs de nuit parcourant les rues en annonçant les heures et le temps. Plus de "séréno" comme en Espagne ou de veilleur comme à Turkheim. Pourtant la tradition des tournées de réveillers à la fin du carême s'est maintenue pendant longtemps. Les jeunes du village et des fermes faisaient le soir, le tour des maisons, traçant des croix sur les portes; et sitôt après ils entonnaient leur mélopée, elle avait pour titre ;

"La complainte de Saint Antoine, dit le réveilleur" . Elle rappelle que " Les honneurs, les richesses Qu'on cherche avec transport /Les plaisirs les caresses / Tout finit à la mort. 15 couplets de 8 vers, se chantaient, accompagnés par le son aigrelet d'un boudègue. A l'intérieur de la maison on entendait quelqu'un sortir du lit, chercher ses sabots à tâtons; une porte grince, pendant que le chant continue. " Bientôt l'heure dernière / Pour quelqu'un sonnera / Bientôt dans une bière / Quelqu'un nous portera". La porte s'entrouvre, une main passe lâchant un ou deux oeufs, qui sont déposés avec précaution dans un panier rembourré de foin.

La tournée continue personne n'ose refuser son offrande. Certains font bien les sourds, alors le choeur et la boudègue augmentent de volume, chacun tape du pied. On crie "Le ciel est ta patrie / Tourne vers luy ton coeur / Ce n'est qu'en l'autre vie / Qu'on trouve un vrai bonheur" Les gens de la maison retrouvent alors l'ouïe et offrent un oeuf, le plus petit qu'ils aient trouvé.

Pour faire la grande tournée des métairies, il fallait plusieurs soirées, et l'on avait le temps de chanter plusieurs fois les 15 strophes, les fermiers étaient plus généreux et heureux de ce réveiller en musique, ils recevaient la troupe dans leur maison.

La course à l'âne

La course à l'âne consistait en une exhibition à travers les rues du village du malheureux qui s'était laissé battre par sa femme ou plus tard du dernier marié de l'année. L'infortuné juché à califourchon sur un âne, mais tête à croupe, tenant la queue de l'animal dans ses mains en guise de bride, était accompagné de boudègaïres et de chanteurs célébrant, sur une mode ironique et bouffon les hauts faits vexatoires qui motivaient sa punition.

La quête des oeufs

C'était autrefois les jeunes gens, porteurs de corbeilles enrubannées, qui visitaient les métairies et le village. Une cornemuse les accompagnait, rythmant leur marche. Ils recueillaient les fameux oeufs de pâques, surtout ceux pondus le vendre di saint, qui préservent des fièvres.Plus tard ceints d'un écharpe rouge, marquant leur qualité, ce sont les enfants de choeur qui faisaient le tour du village, le jeudi et des campagnes les deux jours suivants. Les oeufs étaient ramenés au presbytère, ou la servante du curé préparait le dimanche suivant, "l'émoleta" partagée avec le curé, le sacristain et les marguillères."Quand nos donavan d'uous coassons, aquo aribava, avian lèu fait dé les esclafar sus las finestras"

Le charivari

Le charivari cérémonie burlesque se donnait le soir de 9 heures à minuit.Les sonneries discordantes d'un orchestre tintamarresque retentissaient devant la demeure des époux qu'il s'agissait de bafouer, sonneries entrecoupées du cri "charivari" . Casseroles, poêles, seaux étaient violemment frappés et entrechoqués, s'ajoutaient les grincements des crécelles, les notes aiguës des cors de chasse, les chansons satiriques et les chants parodiques en dialecte local.

 Boeuf gras

Le boeuf gras était promené dans les rues de Saissac au son des cornemuses. Le boucher tenait à démontrer à sa clientèle, l'excellence de ses produits . Ce bœuf était « floucat »  fleuri ou orné, paré de rubans et de fleurs, c’était en général le plus beau bœuf que le boucher tuait dans ‘année. 

 Carnaval  

La période de Carnaval permet toute une série de divertissements, au long de ses semaines, sérénades, aubades et réveillés sont plus que jamais amoureusement sonnés. Résonnent alors d'un bout à l'autre des campagnes ces instruments anciens, dont le plus utilisé en Montagne Noire est la boudègo. Elle accompagne le misérable "Carnabal" dans sa longue promenade son jugement et son exécution "Adiu paure Carnabal

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Le Maquis F.T.P. d’ARFONS

SAISSAGAIS RESISTANTS 

MALRAUX A REVEL

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Farou chien de la Montagne Noire Sangliers Chèvres Loups

farou.doc farou.docLE FAROU CHIEN DE LA MONTAGNE NOIRE

 LE FAROU CHIEN DE LA MONTAGNE NOIRE

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Aimablement communiqué par Boulet Jean Voici une chanson recueillie par Anacharsis Combes (Chants populaires du Pays Castrais 1862) aurprès d'une ouvrière des filatures âgée de 82 ans avec l'aide de sa fille de 60 ans et de sa petite fille de 45 ans à qui elle l'avait apprise. Le porceau est classé dans les chants damour

Les quatre saisons  ou le Farou 

Lo printemps nos rapéla / La reina das sasons/ Coratgé pastorela/ Vai gardar tos moutous/ Mena les à l'erbetta/ Atten toun pastourel/ Mès pren gardo filleto/ A toun faron fidel

L'estieu quand l'aurajada / Venguet à esclatar/ Dejos la capelada / Aneroun s"abritar/ La pastora tremblava/ Lo pastre l'embracet/ De tant que la serava/ Lo faron lé mordet.

L'autona se présenta/ ambé sos fruits tant doç/ Pastora sias dolenta/ Perqué as l'uelh tot en plor ? / " Plori ; aquo te regarda / Quand ven un pastorel / Filheto pren te gardo / A soun faron fidel

L'ivern ven dins la prada/ Non t'escatèd pas trop/ La bisa et la jalada/ Te pouiran ortar cop/ Io sooï una paureta / Per servir de lijon / N'angués pas sur l'erbetta/ sans crentar llo faron

Les quatre saissaons

Le printemps nous ramène/ La reine des saisons/ Corage pastourelle/ Va garder tes moutons/ Mène les sur l'hebette/ Attend ton pastoureau/ Mais prends gade fillette/ A son farou fidèle.

Sous le couvert/ Ils allérent s'abriter/ La bergère tremblait/ Le berger l'embrasa/ Et tant il la serra/ Que le faou le mordit

L'automne se présente / Avec ses fruits si doux / Bergère tu es dolente / Pourquoi as-tu l'oeil noyé de larmes ? /  Je pleure cela te concerne / Quand vient un pastourau/ Filletteprends bien garde / A son farou fidéle.

L'hiver vient dans la prairie/ Ne t"écarte pas trop/ La bise et gelée/ Pourraient te porter coup/ Moi je sais tant pauvrete/ Pour servir de leçon/ Ne vas pas sur l'herbette/ Sans craindre le farou?

Le mot Farou a ici un double sens L'apparition des fruits de l'automne a une valeur allusive au fruit conçu de la morsure et porté dans la détresse de l'hiver. C'est la leçon de la fable.

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Espinasse général de Saissac

GENERAL ESPINASSE

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Jourdain de Saissac

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Les seigneurs de Saissac

Jourdain est le fils d'Alamanda de Saissac et donc petit-fils de Jourdain le Vieux, selon le texte de l'inquisition de 1274. En 1203 lors de la fondation de Fontiers.l y a trois coseigneurs à Saissac. Pierre de Fenouillet, Olivier, et Sicard représentant sa femme Alamanda sœur cadette d’Olivier. Pierre et ses descendants ont leurs biens saissagais confisqués et attribués par les Montfort à des croisés. Olivier et son fils Isarn Jourdain qui ont vaillament combattu avec Pierre de Saissac et Jourdain de Cabaret à Baziège en 1219 participants a la première victoire occitane; ont leurs biens confisqués et deviennent des faidits réfugiés près de leurs parents Fenouillet. Olivier disparaît mais son fils poursuit le combat il participe à la guerre contre le roi.

1226 Isarn Jourdain IV fils d’Olivier intercepte Jourdain de Cabaret son compagnon de Baziège qui avait quitté son château pour rejoindre le roi Louis VIII de passage à Carcassonne. Il le livre à Raimond de Toulouse qui le met en prison où il mourra en 1228. Isarn semble donc a cette date avoir repris possession de Saissac De 1223 a 1229 (Traité de Meaux) les barons de Saissac sont maîtres de leurs terres Isarn sera à nouveau dépossédé  1229 Isarn Jourdain consolé à Escoussens   ( Julien Roche Un évêché cathare P 269) 1231 Isarn Jourdain "miles faiditus" habebat

Jourdain  va donc en fait hériter du quart des biens de Saissac. Les seigneurs de Saissac sont les héritiers des deux branches moitié pour les Hugues soit les héritiers de Hugues vicomte de Fenouillet représentés par Pierre de Saissac, Bertrand étant décédé sans postérité connue.

L’autre moitié revient à la branche Jourdain l’ancien représentée par Olivier et son fils Isarn Jourdain et la sœur cadette d’Olivier Alalmanda donc Jourdain va hériter du quart du patrimoine les autres trois quarts seront confisqués aux héritiers faidits seront attribués à la la famille Thurey. .

1221 Rixende femme de Pons Jaule voit arriver à Castelnaudary deux parfaits conduits par les chevaliers Guillaume de Saissac et Raines de Mazerolles (Roquebert T I page 296)

1224. Dans un acte passé entre les comtes de Toulouse et de Foix d’une part et le comte Amaury d’autre part concernant les restitutions des héritages aux chevaliers qui avaient adhéré au parti de comte Amaury, nous trouvons un certain Raymond-Arnaud de Saissac.

1269 Jourdain assiste avec les consuls de Saissac aux états de la province a Carcassonne

1271 Jourdain prête serment à Philippe le Hardi devenu son suzerain après la mort d'Alphonse de Poitiers

 Les seigneuries de Jourdain

A la mort de Sicard, Jourdain, avec son frère Isarn de Dourgne prête hommage lige a Raimond.L'hommage lige primait tous les autres et marquait la fidélité envers Raimond. En effet Jourdain du fait de ses fiefs situés dans le Carcassonnais devait aussi hommage au roi par cet hommage dit lige il marquait la primauté de ses obligations. A la mort de Sicard les deux frères sont tout d’abord décidés à exécuter les dernières volontés de leur père, ils ratifièrent les donations faites aux religieux hospitaliers d’Arfons. Cependant Jourdain, très obéré, aigri par le malheur sans doute, les revendiqua bientôt et passa le reste de ses jours en procès. Dépouillé de ses biens de Dourgne par les officiers d’Alphonse de Poitiers, qui s’en étaient saisis en invoquant l’acte du 10 août 1931, il les réclama énergiquement en vertu de la donation mutuelle que son père et son oncle s’étaient faites au début du siècle. Une lettre de Jourdain, publiée par M Roschach (Hist Languedoc ed Privat VII 248) nous dit les bons rapports qu’il avait avec les consuls de Toulouse ; mais elle nous le montre encore en guerre avec son voisin, Raymond de Belleserre. Il ajoute, sans que nous puissions éclaircir ses allusions : »… Quant à l’affaire des hommes de Puylaurens ? dont parlent vos messagers » je n’ai pas encore pu m’enquérir, n’ayant pas quitté le seigneur Philippe de Montfort.  

Le décès précoce de son aîné le rend maître de tout l'héritage paternel.

Il est seigneur, en tout ou partie suivant les cas de Puylaurens, Saint germain, Escoussens, Dourgne, La Gardiole, Arfons, Caucalières, et Hautpoul.

1244 Jourdain vend des terres de Caucalières à l'abbé d'Ardorel.

Les possessions de Jourdain dans le domaine royal (Carcassès)

Vers Saissac il garde des droits à Ramondens (il les donne à Prouille en 1256) "In toto bosco qui dicitur sels Ramondencs, in terminio Saxiaci".

Il a des droits vers Ferrals (1248 Guillaume Pia achète Ferrals sous réserve des droits de Jourdain, toujours suspect d'hérésie.)

1253 Achat de la 4eme partie de la seigneurie de Verdun de Jourdain de Saissac

1260 Confirmation de la vente de la 4eme partie de Verdun par Jourdain de Saissac.Ce quart de seigneurie attribué  à Jourdain, implique la division en 4 du « castrum » de Verdun. Quels étaient les autres bénéficiaires ? Probablement les Fenouillet-Saissac et Isarn Jourdain fils d’Olivier. En 1271 Hugues de Roquefort seigneur de Verdun Lauragais.  Il reçoit même en 1256 d'une certaine dame Arpaîs des droits a Alzonne, Bram et Villeneuve la Comtal.. En 1260 Olivier de Termes et Jourdain de Saissac apparaissent seuls seigneurs laïques de Pexiora, Villepinte et Bram. Ces biens compensent la perte de terres leur appartenant dans le domaine royal. Ils leurs ont été donnés lors du traité conclu par le comte de Toulouse et le roi. Ce traité enlève le comté de Provence à Toulouse, en compensation le comte de Toulouse reçoit le Lauragais. Les biens concédés à Olivier et Bertrand se trouvent en Lauragais.

 

 

 

 

 

 

 

Bertrand de Saissac

BERTRAND DE SAISSAC 

Bertrand est le plus connu de la lignée des seigneurs de Saissac.Il est le fils de Hugues I de Saissac fils de Rica décédé en 1150 et de son épouse Brunissende Il est le neveu d'Isarn Jordain I, décédé en 1152 époux de Guilherme. Il a comme cousins Isarn Jordain II, Jordain et Guillaume Bernard qui sera moine.En 1162 son frère aîné Hugues et son cousin Isarn Jordain renouvellent leur hommage pour Verdun et Bertrand n'est pas nommé. Par contre en 1163 lors du plaid tenu a Carcassonne par Raymond Trencavel, pour régler les prétentions contradictoires d'Ugo Escaffre d'une part d'Isarn Jordain, Jordain frères Hugues et Bertrand de Saissac frères concernant les châteaux de Saissac et Montréal (ou Montrevel) lesquels châteaux sont attribués à ceux de Saissac ; nous voyons apparaître son nom pour la première fois, la majorité des enfants étant de quatorze ans à cette époque.

Il serait donc né vers 1149. Son père Hugues I est décédé en 1150.

1163 Bertrand et son frère Hugues en litige avec les Escafre.

En 1165 Isarn Jordain et Bertrand font donation de droits à St-Jean de Villelongue.

1168 Il donne à l'abbaye de Boulbonne, diocèse de Toulouse tout ce qu'il avait dans les bois de Boulbonne. (archives du château de Foix)

1170 "En Bertrans de Saissach " est témoin du codicille écrit en langue romane de Raymond Trencavel qui institue son fils Roger héritier universel.

1173 Bertrand de Saissac et Bernard de Léran reconnaissent avoir en engagement de Roger de Béziers  l'église de Sainte Colombe à Conques.

1173 Isarn Jordain fils de feue Guilhelme et Bertrand fils de Brunissende jurent fidélité à Roger pour le château de Queille (Ariège)    

1174 Isarn Jordain et Bertrand autorisent une vente à Villelongue

1174 Isarn Jordain et Bertrand reconnaissent que Roger leur a donné un terrain pour construire le Château de Montrevel.

1174 Rigaud de Montréal est un des témoins à l'acte d'engagement des seigneurs de Saissac au vicomte de Carcassonne pour le château de Montréal.

1179 Bertrand est témoin (H G L ) des accords entre Alfonse II d'Aragon et le vicomte 

 Roger II à Carcassonne.

1183 Roger Trencavel concède à Bertrand le village de Moussoulens et le droit d'y construire des fortifications. Roger II avait en 1175 accordé aux habitants le droit de déplacer la villa de Moussoulens sur une hauteur (podium) et de la fortifier. Il avait réclamé une albergue de 100 chevaliers avec leurs chevaux. Le projet trop onéreux avait échoué. La concession est faite 8 ans plus au riche Bertrand, seul capable de s’investir dans une opération financière de cette envergure.

1188A Castres il est le témoin de la réconciliation de Roger II et du vicomte Sicard de Lautrec

1189 Roger engage à Bertrand de Saissac tous les biens qu'il possède de l'abbaye de saint Pierre de Caunes (par avouerie. Ainsi sont engagés le château de Lespinassière, le château de Citou (Issir), le village de Trausse et toutes leurs dépendances, châteaux, villages, hommes, femmes, droits et usages, etc. pour la somme de 25 OOO sous melgoriens (5O sous au marc d'argent fin)

Cette somme considérable, doit être rapprochée du trésor de Saissac, environ 2400 deniers, le sou valait 12 deniers, c’est donc une somme représentant 125 fois le trésor de Saissac que Bertrand prête à Roger. C’est dire la richesse de Bertrand.

Roger toujours en mal d'espèces sonnantes et trébuchantes, avait pour habitude d'engager ses propriétés auprès de fidèles et riches vassaux. En 1177 il met ainsi en gage pour 5000 sous melgoriens, sa propriété de  Campagne à Miron de Tonneins.

Il ne remboursait souvent pas ses dettes, il devait toujours 11 000 sous à Miron en 1194

Dans son testament il reconnaît ses dettes envers Bertrand, qui ne les recouvra probablement jamais. Hélène Debax « La féodalité Languedocienne » Page 95

« Aurait-t-il été mis sur la paille par Bertrand de Saissac qui, comme tout bayle qui se respecte aurait pioché dans les caisses ? Vente de Saint-Amans Valtoret, Hautpoul, le Vintrou, tout le Cabardès et l’abbaye de Caunes pour 20 000 sous, mise en gage de tout le Kercorbès pour 13 000 sous, de divers droits pour 6000 sous (Béziers) Raymond Roger reconnaît aussi diverses dettes pour 6000, 6000 et 7000  sous . On n’a conservé la trace que d’un investissement important, l’achat de Vias pour 13 000 sous.

Entre 1201 et 1204 Raimond Roger effectue vente et emprunts pour la somme considérable de 58 100 sous, Bertrand décédé entre 1200 et 1201  n’a donc pas participé à ces dépenses

1191 Aimerigatus Olivarius et Bertrand de Saissac prêtent serment à Raymond Roger

1191 Bertrand est choisi comme arbitre entre Trencavel et Pierre Olivier de Termes au sujet des mines. Il s'agit d'un placitum, d'un arbitrage rendu après la controverse qui oppose les deux parties au sujet des mines du Termenois. Ce placitum se termine par une convention à l'amiable entre les deux seigneurs.

Bertrand de Saissac dans les mains duquel ils ont remis leur querelle, fait partie du groupe serré des fidèles du vicomte, hommes du Minervois, du Carcassès, du pays de Castres et du Lauragais C'est aussi le frère de Hugues alors vicomte de Fenouillet, voisin du pays de Termes. Depuis 1150 on constate une recherche du profit maximum de l'honor" perception des albergues, du quartum des droits de mutation aux paysans et aux "burgenses"

On rouvre de nouvelles galeries dans les régions où depuis l'antiquité l'exploitation s'est poursuivie, le mouvement est lancé par les "domini" des châtellenies locales qui perçoivent les ¾  des revenus des "minerorium"

Il faut voir là une des causes de la richesse des seigneurs de Saissac.Des mines, des forges et même des fours a verre sont signalés à Ramondens dans les domaines des Saissac. Bertrand est capable de prêter 25 000 sous melgoriens a Roger II en 1189. Somme énorme, représentant plus de 110 Kg d’argent pur.

A titre de référence 3 maisons valent à Dourgne, 116 sous de la même monnaie.

 

Bertrand tuteur du jeune Trencavel

Jeudi 17 mars 1193. Codicille de Roger II par lequel il institue "Bertrand de Saissac tutorem et defensorem et procuratorem filii mei R et totius patriae meae, Bitterensis, Carcassensis, Redensis et Albiensis et totius terre meae...et  mando ut B de Saxacho habeat de redditibus patriae meae, pro emenda de negotio de Caunis x m solidorum melgoriensium, et reliquos x v solidos melgorienses persoluant abbas et monachi de Caunis; La décision prise par Roger fait de Bertrand un des personnages les plus considérables du Midi Il établit Bertrand "a la foi, a la protection et au conseil duquel il avait déjà remis sa personne et les biens de ce fils, pour tuteur et bayle pendant cinq ans à compter depuis la prochaine fête de Pâques" Les termes mêmes de l'acte montrent bien qu'il est investi de toute la confiance du vicomte a l'exclusion de certains personnages qui auraient pu la lui disputer. Bertrand sera un tuteur "énergique et loyal" Joseph Dovetto.

 Pourquoi Bertrand est-il choisi comme tuteur ? D’une part il semble célibataire et l’on ne lui connaît ni femme ni enfant. Il semble que d’une part Roger ait décidé d’écarter son épouse Adélaïde de Burlats à cause de son inconduite connue. D’autre part la dette de 25 000 sols melgoriens dus par Roger en 1189, faisait de Bertrand un créancier important. Enfin il favorisait les gens du Carcassonnais qu’il préférait aux Bitterais ou aux Albigeois .Bertrand gouverne la principauté jusqu'à la majorité légale de Raimond Roger en 1199. Sa politique vis à vis de l'église est équivoque et ses actions contradictoires; coopération avec l'évêque de Béziers ; immixtion dans les affaires de l'abbaye d'Alet.

Mais le but qui parait être toujours poursuivi par Bertrand est la défense des intérêts du vicomte son maître. Dès le 4 août 1194 en sa qualité de tuteur, "Moi Bertrand de Saissac tuteur de Raimond Roger", il passe des actes d'accord avec l'évêque de Béziers, Gaufred. Auquel il promet son aide contre tous, sauf contre le comte de Toulouse.Les deux parties s'engagent : I/ A se consulter et à s'entraider pour les actes et les traités concernant les territoires des diocèses de Béziers et d'Agde.

II/ A ne pas introduire d'hérétiques sur leurs terres et d'expulser ceux qui s'y trouveraient."Si par hasard (forte) il y en avait, selon mon pouvoir, nous les ferions sortir de là et je vous concède à vous évêque le droit et l'entier pouvoir de les chasser par moi et par le vicomte" "nec hereticos, nec Valdenses" On remarquera que les Vaudois sont mentionnés a coté des Cathares; si les uns venaient de l'ouest, les autres venaient de l'est.

 En 1197 ; Les moines d'Alet au décès de leur abbé Pons Amelli ayant élu promptement Bertrand de saint Ferréol,  partisan du comte de Foix, ce qui déplaît à Bertrand.Il se rend à Alet, fait déterrer l'ancien abbé, le revêt de ses ornements,  le replace sur son siège et fait élire par la force un abbé de son choix, Bozon. Cette "élection" certes contestée est cependant confirmée par l'archevêque de Narbonne, qui aurait reçu pour cela une importante somme d'argent. Bozon est semble-t-il un ami des hérétiques cathares.

Bertrand a du exercer ces pouvoirs jusqu'à Pâques 1199 année où son pupille est émancipé à l'âge de 14 ans.Bertrand survécut-il longtemps à l’avènement de son pupille ?

Nous placerions volontiers la date de sa mort entre 1200 et 1202. En effet s'il était mort avant 1199, s'il n'avait pas rempli jusqu'au bout sa tâche de tuteur, le nom de son successeur nous serait connu, or nul n'est désigné comme tuteur à part Bertrand.

D'autre part l'acte de 1202 où Raymond Roger vicomte de Béziers fait à Raymond Roger de Foix, donation de ses domaines, mentionne Olivier de Saissac parmi les garants et non Bertrand.Il est vraisemblable que s'il eut été vivant, son nom se trouverait dans un acte de cette importance à coté de celui d'autres seigneurs

En 1203 Lors de la fondation de Fontiers il est à nouveau absent.

 Bertrand cathare ?  et bienfaiteur des monastères.

Pierre des Vaux de Cernay "Historia Albigensis.

"Dont il avint c'un créant d'eriges fu malades jusqu'à la mort et c'uns grant heriges li mist la main seur la teste et le conforta moult, mes li heriges ne pot pas dire "Pater Noster" et morust en tel manier; et li conforterres ne savait que dire, se il serait sauf ou non, pour ce qu'il mist sa main sur la teste et il ne pot dire "Pater Noster" . Que vos diroie je plus ? Li heriges se conseillèrent à un chevalier de Saissac, qui avait nom Bertran , qu'il en dirait ; li chevalier heriges leur dist :" Nos soustendrons de cestui et diron qu'il sera sauf, mès touz les autres qui morront des ore en avant sanz dire Pater noster seront dampnez"

Traduction Pascal Guébin (1951) "A ce sujet, nous avons entendu rapporter le fait ridicule que voici : un certain croyant, arrivé à l'article de la mort reçut de son maître par imposition des mains le "consolamentum" mais il ne put dire le "Pater Noster" et expira. Son consolateur ne savait que dire : le mort semblait sauvé pour avoir reçu l'imposition des mains, damné pour n'avoir pu dire l'oraison dominicale. Qu'ajouterai-je ? Les hérétiques consultèrent un chevalier nommé Bertrand de Saissac, hérétique, sur ce qu'ils devaient penser. Le chevalier donna le conseil et la réponse que voici "De cet homme nous dirons qu'il est sauvé. Quand aux autres à moins qu'ils n'aient dit le "Pater Noster" nous les estimerons damnés"

Bertrand était-il Cathare ? Le seul témoignage en dehors de celui de Pierre des Vaux Cernayest celui de Bernard Oth de Niort en 1242. Il dit avoir vu Bertrand de Saissac à Laurac écouter et adorer le diacre cathare Raimond Bernard.Si Bertrand n’était peut-être pas Cathare, il n’était pas leur ennemi et dans le castrum de Saissac, les hérétiques pouvaient prêcher, avaient des maisons et le médecin cathare Bernard Dairos y résidait habituellement. Bertrand comme les autres seigneurs de Saissac, sont des donateurs généreux pour les ordres religieux. Ils favorisent l’implantation des cisterciens à Compagnes, puis à Villelongue. Avec la famille vassale des Rosilhes, ils permettent aux hospitaliers de Saint-Jean  de créer une commanderie à Arfons.

En 1168 Bertrand donne un bois à l’abbaye de Boulbonne et l’abbaye cistercienne de Fontfroide bénéficie aussi du soutien des Saissac.

Dès 1101 avec les seigneurs de Laurac ils fondent la première maison des Hospitaliers à Pexiora.  Il semble que les seigneurs de Saissac établissent leurs sépultures dans le cimetière de la commanderie.

Leur conversion au catharisme ne changea pas cette habitude, à maintes reprises le précepteur et le prieur vont procéder sans réticences aux obsèques d’un défunt consolé la veille par les parfaits cathares.

Bertrand est-il enterré là au milieu des autres seigneurs de Saissac ? . Cela est fort possible, car à Saissac même n’existe aucune trace de sépultures seigneuriales. 

 Où se trouvait le château de Bertrand ?

Nous ne pouvons actuellement répondre à cette question, il faudra des fouilles plus poussées sur les restes du château actuel, pour savoir l’emplacement du ou des châteaux de la famille de Saissac, car à la période ou vivait Bertrand la branche « Jordanenque » de la famille avait aussi une résidence à Saissac. Y avait-il alors deux châteaux voisins, cela est possible, car on note des vestiges anciens a plusieurs endroits du château, ce qui correspondrait à deux résidences de la famille de Saissac

LA LEGENDE DE BERTRAND 

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On trouve aussi une histoire romancée des seigneurs de Saissac dans les livres de FrédéricSoulié « Le comte de Toulouse » 1848 Le comte de Foix 1852 et « Le vicomte de Béziers » 1858 certaines scènes étant situées dans la Montagne Noire et à Saissac en particulier.

Bertrand de Saissac se retrouve dans les livres de Jean Girou en particulier Trencavel, roman où l’auteur prend également quelques distances avec l’histoire. 

Dans le drame de B Cyril Windeler « Roger de Trencavel » Bertrand de Saissac est un personnage important Dans la scène de la cour d’amour. Ross demande « Où est de Saissac »  Lagarde Est-ce une devinette ? Demandez aux dames (Rire général)  Ross Il est en retard. Il vieillit et dans la  scène finale ou Roger part vers les croisés, il  dit »De Saissac il y a encore de la vie dans les vieux os. Allons De Saissac, conduisez-nous.

On trouve aussi l’histoire des seigneurs de Saissac dans l’excellent roman  de Claude Boudet « Les Marches de Saissac »

La légende de Bertrand  On trouve dans « Donjons et Castels au pays des Cathares » par Coincy Saint Palais. « Bertrand de Saissac fut un vigilant tuteur pour Raimond Trencavel ; son rôle terminé Bertrand fut chassé de la cour, où Adalaïs, lasse de son exil, voulut désormais régner en maîtresse. Il rentra dans son château, et continua sa vie de charité et d’aide aux misérables ; et lorsque déferlèrent les hordes nordiques fut un zélé protecteur de tous les spoliés, poursuivi tout spécialement par les croisés, ses biens et sa demeure lui furent confisqués dès 1209 et donnés à Bouchard de Marly. Dès lors Bertrand deviendra un faidit, il errera comme ceux qu’il avait jadis réconfortés, dans la campagne. Il finit par passer an Aragon, où il mourra sans la misère ; il avait eu 3 fils ; Bertrand diacre cathare, restera caché au fond des bois et continuera à assumer les fatigues d’un pareil ministère. en 1201 avait été nommé par Ramon Roger de Foix pour régir certains domaines, enfin Jordan, encore très jeune, fut recueilli et élevé à la cour du comte de Foix. Curieux mélange où l’auteur attribue à Bertrand une famille et une fin purement imaginaires

Voici tiré du spectacle « Son et Lumière » un épisode romancé de la mort de la fille de Bertrand

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Guilhabert : « Aude était là ; ses regards laissaient une traînée d’étoiles dans le soir tremblant, tout l’or des nuits tombait doucement sur ses cheveux. Un bruit de chevaux se rapprocha. Elle crut que Bertrand revenait, vite elle ouvrit la porte. Aude : « Voilà nos gens de Saissac ; Père, est-ce vous père ? »Guilhabert : « Oh! le bruit de l’acier sur les chairs froissées et le noir galop qui renverse les portes. Le château fut pris, je fus épargné parce que chevalier et blessé. Tous avaient péri sous les coups de la troupe de Bouchard de Marly, le croisé. Et tinta longuement le glas lourd, gourd, sourd .Il y eut une grande pâleur devant mes yeux, comme l’hésitation ou bleuit pareille à cette veine au poignet, la pensée de la Demoiselle de SaissacDepuis les coquelicots fleurissent plus rouge dans la cour du château. L’on y voit le soir le lent vol sur les murs lourds de longs voiles blancs. Ecoutez : la nuit froisse son manteau, n’avez vous point entendu aux murailles le bruissement mobile et le cri solitaire ?            Aude pleure nuit et jour, absente dans le temps ; sa voix chante toujours à en râle mourir, ses prunelles d’argent éclaboussent l’abîme, elle appelle son père et n’entend que le vent.

Bertrand et les troubadours

Ce puissant seigneur était un ami des troubadours de son temps Son voisin Raymond de Miraval dans un sirventès célèbre, énumérant les seigneurs amis des troubadours le cite. Il conseille au jongleur "Bayona"" Au seigneur Bertrand de Saissac chante des sirventès et, de préférence des chansons,  dis-lui de ne pas considérer comme une injure que je ne me sois adressé à lui tout d'abord : tu ne le quitteras pas les mains vides ; il te donnera pour l'amour de moi un cheval qui aura un cou de cigogne, bien qu'il n'aime pas donner "

nous savons par Raimon Vidal de Bezaudun que Bertrand était au nombre de ceux qui aiment et soutiennent les troubadours ; c'est a ce titre qu'il est nommé dans la nouvelle où ce poète énumère les protecteurs de la poésie. L’œuvre de ce troubadour, d’origine catalane, évoque au passé les cours et les troubadours qu’il a fréquenté au long de sa carrière. Bertrand figure parmi ceux des preux barons ou ces hommes amoureux qui organisaient des tournois et qui aimaient que les dames fussent courtoises, célèbres et cultivées. Bertrand est décrit comme l’archétype de du chevalier courtois. 

  E sai us cortes cavayer   Bertran de Saissac l'apelavan   (abrils issi'e mays intrava)  (vers 885 886)

Guillem de Bergueda cite également le seigneur de Saissac dans un sirventès

 Reis, s'anc nuill temps foz francs ni larcs donaire

Peîre Vidal autre troubadour fort connu aime séjourner à Saissac

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C'est donc un véritable amateur qui réside à Saissac. Mais l'allusion que renferme le sirventès de Miraval est plus précise. Elle nous renseigne, sinon sur la générosité de Bertrand de Saissac, du moins sur la nature de ses relations avec le troubadour. Le ton du poète est sans doute celui d'un inférieur, mais aussi d'un protégé assez libre pour dire de lui "Il sera généreux pour l'amour de moi"Revenons sur ce détail significatif, qu'on aura déjà remarqué sans doute au passage «: Chante à Bertrand des sirventès il aime cela; mais de préférence des chansons". N'oublions pas que la "Canso" était tout entière consacrée à l'amour selon la loi du genre. Bertrand faisait partie de ce public d'élite pour qui Miraval rimait ses maximes courtoises en harmonie avec l'esprit du temps, le troubadour offrait dans ses chansons des développements d'un intérêt plus particulier : c'étaient des allusions aux intrigues vraies où supposées, et nul doute que Bertrand jouait un rôle important auprès des dames.

Le ton de Miraval prouve qu'il connaissait Bertrand depuis longtemps, Bertrand est le seul personnage qui soit désigné nommément dans  la biographie de Miraval

Le souvenir de Bertrand est bien conservé à Saissac, où la rue conduisant au château porte son nom. La tradition locale en fait un géant de 2 m de haut. Avec une fille qui va périr lors de la prise du château.

Il a aussi une femme Bertrande, cathare

morte en ayant reçu le consolamentum.

Sa fille est amoureuse de Roger le jeune vicomte de Carcassonne. Ce dernier lui offre une écharpe, tissée d’or.

C’est avec cette écharpe qu’elle sera étranglée par les soldats croisés, qui s’étaient approchés de Saissac avec une bannière portant le blason de la famille.

Cette ruse leur permit de tromper la vigilance des défenseurs et de s’emparer du château.. Une autre légende de Saissac conte que lors de mariages de catholiques ayant abandonné le catharisme , lors de la cérémonie à l’église, on entendait chanter le chant du bouvier. Chacun savait que c’était le chant de ralliement des cathares.

 

On trouve aussi une histoire romancée des seigneurs de Saissac dans les livres de Frédéric

Soulié « Le comte de Toulouse » 1848 Le comte de Foix 1852 et « Le vicomte de Béziers » 1858 certaines scènes étant situées dans la Montagne Noire et à Saissac en particulier.

Bertrand de Saissac se retrouve dans les livres de Jean Girou en particulier Trencavel, roman où l’auteur prend également quelques distances avec l’histoire.

Dans le drame de B Cyril Windeler « Roger de Trencavel » Bertrand de Saissac est un personnage important Dans la scène de la cour d’amour. Ross demande « Où est de Saissac »  Lagarde Est-ce une devinette ? Demandez aux dames (Rire général)  Ross Il est en retard. Il vieillit et dans la  scène finale ou Roger part vers les croisés, il  dit »De Saissac il y a encore de la vie dans les vieux os. Allons De Saissac, conduisez-nous.

On trouve aussi l’histoire des seigneurs de Saissac dans l’excellent roman  de Claude Boudet « Les Marches de Saissac »

La légende de Bertrand  On trouve dans « Donjons et Castels au pays des Cathares » par Coincy Saint Palais. « Bertrand de Saissac fut un vigilant tuteur pour Raimond Trencavel ; son rôle terminé Bertrand fut chassé de la cour, où Adalaïs, lasse de son exil, voulut désormais régner en maîtresse. Il rentra dans son château, et continua sa vie de charité et d’aide aux misérables ; et lorsque déferlèrent les hordes nordiques fut un zélé protecteur de tous les spoliés, poursuivi tout spécialement par les croisés, ses biens et sa demeure lui furent confisqués dès 1209 et donnés à Bouchard de Marly. Dès lors Bertrand deviendra un faidit, il errera comme ceux qu’il avait jadis réconfortés, dans la campagne. Il finit par passer an Aragon, où il mourra sans la misère ; il avait eu 3 fils ; Bertrand diacre cathare, restera caché au fond des bois et continuera à assumer les fatigues d’un pareil ministère. en 1201 avait été nommé par Ramon Roger de Foix pour régir certains domaines, enfin Jordan, encore très jeune, fut recueilli et élevé à la cour du comte de Foix. Curieux mélange où l’auteur attribue à Bertrand une famille et une fin purement imaginaires

Voici tiré du spectacle "Son et Lumière" Un épisode romancé de la mort de la fille de Bertrand "La mort d'Aude" 

Voix de l'inquisiteur "Messire Guilhaberet votre voix temble encore en évoquant ces souvenirs, mais je voudrais que vous me contiez ce qui ariva le soir où le château fut pis . Voue demeuriez alors à Saissac " 

Guilhabert : « Aude était là ; ses regards laissaient une traînée d’étoiles dans le soir tremblant, tout l’or des nuits tombait doucement sur ses cheveux. Un bruit de chevaux se rapprocha. Elle crut que Bertrand revenait, vite elle ouvrit la porte. Aude : « Voilà nos gens de Saissac ; Père, est-ce vous père ? »Guilhabert : « Oh! le bruit de l’acier sur les chairs froissées et le noir galop qui renverse les portes. Le château fut pris, je fus épargné parce que chevalier et blessé. Tous avaient péri sous les coups de la troupe de Bouchard de Marly, le croisé. Et tinta longuement le glas lourd, gourd, sourd .Il y eut une grande pâleur devant mes yeux, comme l’hésitation ou bleuit pareille à cette veine au poignet, la pensée de la Demoiselle de Saissac

Depuis les coquelicots fleurissent plus rouge dans la cour du château. L’on y voit le soir le lent vol sur les murs lourds de longs voiles blancs. Ecoutez : la nuit froisse son manteau, n’avez vous point entendu aux murailles le bruissement mobile et le cri solitaire ?            Aude pleure nuit et jour, absente dans le temps ; sa voix chante toujours à en râle mourir, ses prunelles d’argent éclaboussent l’abîme, elle appelle son père et n’entend que le vent  

 

                                  

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Carmaing

FAMILLE D'EUZE ou DUEZE

La terre de St Félix fut donnée par le roi Philippe le Long à la famille du pape Jean XXII. Il devait beaucoup à ce pontife qui l'avait reconnu comme roi de France lors d'une nouvelle application de la loi salique.Le frère de Jean XXII Pierre fils d'Arnaud d'Euze seigneur de Tlmont (ca 1255 1321) époux de Catherine Grand reçut 1500 livres de rente sur la terre de St Félix Roumens et Dreuillhe.(mars 1319) Cette famille à laquelle appartenait Pierre et Jean XXII était originaire de Cahors Pierre achète en 1321 le vicomté de Carmaing à Bernard II de Lautrec. Celui ci en était le seigneur depuis 1306 en échange avec le roi Philippe le Bel de la moiié de la vicomté de Lautrec Le prix de vente fut fixé à 35 000 petits tournois noirs.

ARNAUD Premier  D'EUZE

Arnaud d'Euze (1290) fils de Pierre épouse Marguerite (1300) de la famille des barons de l'Isle Jourdain Tous deux fondent le monastère de N D des Anges aux Cassès diocèse de St Papoul. Il intervient comme arbitre mais sans beaucoup de succès dans la guerre que faisaient les cmtes de l'Isle Jourdain et Gui de Comminges. 

LA GUERRE DE 100 ANS

Philippe VI  Jean de France duc de Normandie qui était fils de Philippe de Valois et devait régner sous le nom de Jean II vint en Lanuedoc en juillet 1344 comme lieutenant du roi. Il donna des ordres pour la mise en défense des places frontières. Henri de Lancastre commandant des forces anglaises débarque à Bayonne et marche sur le Périgord. Le passge de la Dordogne est défendu avec rigueur mais sans succès par le comte Bertrand de Isle et le vicomte Carmaing. Ils se replient sur la Garonne et tiennent conseil à La Réole. ILs disséminent leurs troupes dans des places fortes et font battre la campagne par un corps de 4 à 500 hommes sous le commandement du sénéchal de Toulouse . C'est le lieutenant d'Edouard III Henri comte Derby qui commande les anglais qui se répandent dans le pays . Langon Baumont de Lomagne, l'Isle Jourdain sont pris ou capitulent. Dans le combat d'Auberoche donné le 23 octobbre 1345 Bertrand de 'Isle Jourdain Arnaud de Dueze vicomte de Carmaing sont pris et naturellemet leurs tenanciers durent contribuer à payer leur ranon. Le vicomte ne se découragea pas et l'année suivante il était dans l'armée du duc de Normandie Jean fils de Philippe de Valois au siège d'Aiguillon.  Sources Histoire de St Félix de Caraman par l''abbé G B MOERE (1899) Histoire de Caraman J O Laurentie 1913 Les brigands en Provence et en Languedoc Paul Dominique (Histoire du sud Aubanel 

ARNAUD II DE CARMAING

Arnaud II de Carmaing fils d'Arnaud d'Euze ne fut pas moins dévoué aux intérêts de la patrie; il n'hésita pas à faire une levée d'hommes d'armes; quand Gallois de la Baume lieuteant du roi leva une nouvelle armée en Languedoc contre les Anglais en 1348 et il y partit lui même. Sa maison fut une des plus fidèles au roi dans cette période douloureuse. Aussi à l'avènement de Jean le bon, Clément VI eut à sa prière créé 12 cardinaux. Jean d'Euze frère du vicomte déjà chanoine de Tours fut compris dans la promotion le 17 XII 1350.

Jean le Bon après la bataille de Poitiers où le roi est pris, le Dauphin convoque à Toulouse les Etats du Languedoc Arnaud de Dueze y figure. Charles V après le traité de Bretigny la France eût à subir les déprédations des Grandes Compagnies Arnaud de Dueze les combat devant Montauban/ 

Le traité de Brétigny (1360) vint clore de façon désastreuse la première partie de la guerre de 100 ans et le vicomte de Carmaing dut se somettre aux Anglais. Ce n'était pas pour longtemps. Dès la pemière année du règne de Charles V il est dans les troupes royales et plante son étendard avec celui du roi sur le mur du château de Peyriac Minervois qu'il s'agisait d'enlever aux compagnies (1361)  En 1368 70 le vicomte officier dans l'armée du duc d'Anjou se signala contre les Anglais il défit Thomas Wacke sénéchal du Rouergue pour le roi d'Angleerre et excita ainsi Montauban à secouer le joug des Anglais. (1369) Après avoir été témoin de la reddition de Moissac au duc d'Anjou (1370) il resta à Montauban pour surveiller le Quercy (1371)

HUGUES VICOMTE DE CARMAING

Hugues de Carmaing né vers 1360 décédé vers 1437 à l'âge peut être de 77 ans fils de Arnaud de Dueze et de Adalasie de Castelnau (née vers 1340) rend hommage pour Saissac en 1402 (HGL t III) Il est le neveu de Jean III de l'Isle Jourdain qui meurt sans héritier. Hugues achète ou hérite Saissac 

1402 Cette année là, Hugues achète les seigneuries de Saissac, Venès et Lautrec et se qualifie de tous ces titres 

1412 Hommage de Hugues de Carmaing vicomte de Rodde, vicomte de Carmaing seigneur de Saissac, Saint Félix, Montmaur Il épouse en premières noces Béatrix de Périlhes Il en a deux filles Gabrielle et Sibylle de Carmaing (1405 1486) et un fils Jean

1412 Hommage de Hugues ès main du sénéchal de Carcassonne pour la baronnie, château de Saisaac, les fiefs de Monèstiés et Villelongue, qu'il tient en paréage avec l'abbé de Villelongue. Il rend hommage aussi pour sa demeure et son "hospicio terrero"  dans la cité de Carcassonne. Il possède la haute et basse justice à Saissac ainsi que le mero et mixo imperio avec tous les droits. Il a eu ces droits du seigneur Jourdain comte de l'Isle et seigeur dudit lieu de Saissac. Cette seigneurie est régie par les usages et coutumes royaux et selon les traditions gallicanes de Paris. Elle appartient au roi de France auquel nous rendons hommage dans les mains au sénéchal (Doat vol 159 folio 17)

Dans la fameuse querelle des Armagnacs et des Bourguignons les vicomtes de Carmaing sont dabord fidèles au roi et ennemis des Anglais. Mais la reine Isabeau et le duc de Bourgogne ayant envoyé des émissaires en Languedoc, beaucoup de villes se mirent de leur parti, espèrant mettre un terme à la levée de subsides dont les peuples étaient écartés. Le vicomte Hugues embrasse d'abord le parti des Armagnacs. En effet dans une sentence rendue en 1414 par le maréchal de Boucicaut contre les habitants de Carcassonne qui avaient pris le parti du duc de Bourgogne, il est pris l'avis de plusieurs seigneurs entre aitres du vicomte de Carmaing et de Bertrand de Nogaret. Hugues eût la failesse d'accepter de leurs mains la charge de sénéchal de Toulouse.

1412 Pendant le grand schisme d'Occident il prend parti contre le candidat de Jean XXIII Jean de Rochetaillée  déjà patriarche de Constantinople à l'évêché de Saint Papoul. Il voulait y faire nommer l'abbé de Lezat son parent, il obligea avec l'aide du comte de Foix les Bénédictins de l'abbaye de l'élire. Celui ci n'ayant pas été confirmé par l'archevêquz de Toulouse ne s'empara pas moins à main armée du palais épiscopal et les garda jusqu'à la décision du Parlement de Paris. Temps assez étrange où les cours de justice disposaient des évêchés.

1418 Hugues vicomte de Carmaing et Lautrec, seigneur de Saint Félix, de Venès, de Saissac est commissaire en Languedoc de la reine Isabelle  régente du royaume. Cete année là les commissaires supérieurs destituérent le sénéchal de Toulouse parce qu'il était trop attaché au Dauphin et nommèrent Hugues qui venait d'abolir les subsides en qualité de commissaire de la reine. Commissaire de la reine à Montpellier, il est arrêté par le comte de Foix qui s'était rendu à Mazères pendant ces troubles, pour en tirer profit et qui fit prisonnier le vicomte de Carmaing et ne le relacha que le mois suivant sur l'instante prière des officiers des sénéchaussées de Toulouse et Carcassonne. 

1418 30 septembre Jeanne d'Armagnac fille de Jean épouse de Jean de Lévis III meurt à Saissac elle avait eu en dot 20 000 florins 

1420 Hugues achète les seigneuries de Saissac et Venès qu'il devait possèder en partie seulement. 

1420 le Dauphin Charles à peine arrivé à Toulouse rétablit dans sa charge Jean de Bounay, sénéchal de Toulouse que les Bourguignons avaient destitué pour mettre à sa place Hugues ce qui prouve que le vicomte était passé au parti des Bourguignons, à cette époque. La leçon ne fut pas perdue et il reprit vite les traditons de la famille. De nouvau membre du conseil du roi en Languedoc. En 1425 le roi Charles VII rend une ordonnance sur l'avis de son grand conseil où l'on voit figurer Hugues. On le retrouve aux Etas du Languedoc, à ceux de Montpellier et du Puy en Velay tenus par le roi. Le fils de Hugues Arnaud guerroie contre le Angais sous les ordres du duc dAnjou de Du Guesclin et de Jean de Bourbon. Il y figure avec 37  hommes qu'il avait emmenés, il reçut d'abord 174 francs puis une autre somme. Quand le dauphin Louis vient défendre la province contre les routiers et les Anglais le vicomte est l'un des fidèles les plus appréciés. Nul doute qu'il n'entrât l'année suivante (1440) dans l'armée des princes soulevés par le Dauphin contre Charles VII 

1422 Jean de Thurey seigneur de Puichéric rend hommage au roi au titre de procureur de sa fille Philippine soeur de Marguerite de la Jugie et d'Amalric de Thurey ; baron de Puichéric, beau frère du marèchal de Joyeuse  veuve de Gauceran de marsan seigeur de Caraman et Saissac pour lesdits lieux (Doat vol 159 folio 104) Jean de Thurey était marié à Jeanne fille de Bertrand comte de l'Isle Jourdain et d'Isabelle de Lévis il y eut procès dans la succession des Jourdain de l'Isle.

1425 Guillaume de Carmaing vicomte de Rodde et de Lautrec seigneur de Venès et de Saisac assiste aux Etats 

ARNAUD DE CARAMAN 

1416 Arnaud d Caraman seigneur de Négrepelisse sénéchal de Carcassonne

1425 I XII A Villefranche de Rouergue Arnaud de Caraman chambellan du roi et son sénéchal en Rouergue dans la petite salle de la maison royale a réuni son tribunal pour juger Hugues de Castelpers abbé de Bonnecombe. Cette anée là Charles VII n'est encore que le roi de Bourges pourtant Arnaud tente de maintenir envers et contre tous l'autorité de l'état (Paul Dominique <Les brigands en Languedoc)   

1441 Amauri seigneur de Saissac commissaire du roi en Languedoc chargé par le roi de destituer l'évêque de Laon. 

1449 Hugues de Carmaing seigneur de Saissac épouse Jeanne de Bonnay de Graissis 

JEAN I DE CARMAING 

Le fils de Hugues Jean I épouse Ysabeau de Foix Grailli fille unique d'Achimbaud de Foix Grailli seigneur de Navaille qui avait été tué en 1419 avec Jean sans peur sur le pont de Montereau. Cette alliance le fait entrer dans la puissante maison des comtes de Foix à laquelle appartenait son beau père. Mort en 1470.

1461 Double mariage En 1461 il s'unit en secondes noces à Catherine de Coaraze veuve elle même de Mathieu comte de Comminges autre cadet de la maison de foix et frère d'Archimbaud  Elle est mère de trois filles Jeanne, Marguerite et autre Jeanne

Jean II de Carmaing fils de Jean I et d'Ysabeau de Foix Grailli fille unique d'Archimbaud de Foix Grailli : épouse Jeanne (fille de Catherine et de Mathieu de Foix) et niéce d'Archimbaud  et donc cousine germaine d'Ysabeau sa mère . Jean II premier comte de Carmaing prend le nom de Foix.  

 Jean II DE FOIX 

Jean II baron de Saint Félix fut le premier comte de Carmaing. Ce fut à Tours pendant la tenue des Etats généraux que Charles VIII lui confère ce titre (1484) Il érige en comté la vicomté de Carmaing et les trois baronnies de St Félix, Auriac et Beauville Assises et joignant l'une à l'autre sous la redevance d'une paire d'éperons en or à chaque mutation de seigneur. Jean II comme son père se maria deux fois sa première femmes lui donna un fils nommé Gaston et Jeanne de la Tour de Boulogne sa seconde épouse un autre fils Jean de Foix Carmaing . Ce dernier disputa la succession paternelle à son aîné (151I) Qu'il prétendit illégitime comme étant le fruit d'un mariage contracté sans dispense par leur père avec Jeanne de Foix sa cousine au deuxième degré. Mais le parlement de Paris après un procès de plusieurs années adjugea le comté de Carmaing à Jean fils de Gaston et le déclara habile à porter le nom de Foix et Carmaing et a en prendre les armes (1598) Gaston étant mort en 1527 il avait pour femme Clémentine de Cambrunet.

GUILLAUME DE CARMAING  

Une partie de l'héritage de la famille revint à Guillaume de Carmaing frère de Jean I qui reçut en particulier les baronnies de Saissacet de Venès et les vicomtés de Rodde et Lautrec . Ce Guillaume épouse en 1476 Aldonce de Toreilles filles de Pierre de Toreilles seigneur de Péreilles en Roussillon et de Françoise de Fenouillet sa cousine au quatrième degré (descendante des FenouilletSaissac) Ils ont une fille unique Aldonce de Carmaing vicomtesse de Rodde et de Lautrec dame de Saissac et Venès

1483 Guillaume de Carmaing rend hommage au roi pour Saissac

1492 Guillaume de Carmaing seigneur de Saissac lieutenant du gouveneur de Perpignan est condamné à 50 marcs d'argent pour avoir désobéi au roi.

JEAN III de CARMAING 

Le 22 septembre 1518 en son château de Venès Aldonce de Carmaing épouse  Jean III de Carmaing dit de Foix fils de Gaston et de Clémentine son cousin au quatrième degré Jean III se distingue par sa magnificence et ses qualités chevaleresques au milieu des seigneurs qui entourent Henri d'Albret roi de Navarre. Il fut l'un des principaux membres de son escorte, lorsque ce prince allait à Lyon rejoindre François premier toujours en lutte contre Charles Quint .. 

1552 Jean III de Carmaing seigneur de Saissac assiste à la défense de Metz contre Charles Quint aux cotés du duc de Guise.Jean de Carmaing a du participer à la mise en défense du château de Saissac. En particulier les aménagements défensifs tourelles rondes, échauguettes, embrasures destinées à l'usage des armes à feu, canons, arquebuses.

Jean III et Aldonce ont une fille unique Marguerite de Carmaing et de Foix vicomtesse de Rodde et Lautrec dame de saisssac et Venès qui va épouser en 1545 Jean Bernuy seigneur de Palificat président du Parlement de Toulouse.

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